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Carousel Dreams

«  I opened Rêves de Carrousel at 7:40 AM this morning and have not stopped listening to it, over and over again ( like a carousel ! ) !!!!! Your voice was made for this song. I love what you are doing with it, and I really love your voice. What a miraculous blessing we are together. »

Verne  2008/10/14

Dans son enfance, Verne Langdon était fasciné par le carrousel de Santa Monica. Nul doute qu’il pouvait rester des heures à observer les chevaux de bois tourner inlassablement au son envoûtant du limonaire. Cette attraction historique, construite en 1916 et devenue l’un des symboles de la célèbre jetée californienne, allait marquer durablement son imaginaire.

Devenu adulte, Verne revient régulièrement se ressourcer à Santa Monica. Le ressac des vagues mêlé aux cris des enfants et aux mélodies de l’orgue mécanique lui procure une sensation propice à la rêverie et à l’inspiration. À la fin des années soixante, porté par le succès de ses spectacles à Universal Studios, il enregistre son premier album marquant : An Evening With Boris Karloff And His Friends., où ses arrangements d’orgue accompagnent la voix légendaire de celui qui incarna pour la première fois au cinéma la créature de Frankestein : Boris Karloff .

Dans son enfance, Verne Langdon était fasciné par le carrousel de Santa Monica. Nul doute qu’il pouvait rester des heures à observer les chevaux de bois tourner inlassablement au son envoûtant du limonaire. Cette attraction historique, construite en 1916 et devenue l’un des symboles de la célèbre jetée californienne, allait marquer durablement son imaginaire.

Devenu adulte, Verne revient régulièrement se ressourcer à Santa Monica. Le ressac des vagues mêlé aux cris des enfants et aux mélodies de l’orgue mécanique lui procure une sensation propice à la rêverie et à l’inspiration. À la fin des années soixante, porté par le succès de ses spectacles à Universal Studios, il enregistre son premier album marquant : An Evening With Boris Karloff And His Friends., où ses arrangements d’orgue accompagnent la voix légendaire de celui qui incarna pour la première fois au cinéma la créature de Frankestein : Boris Karloff .

L'hippodrome de Santa Monica Looff : le bâtiment principal historique de l'époque victorienne sur la Jetée de Santa Monica.

Au fil des années, la composition poursuit son chemin et sera interprétée par plusieurs artistes, parmi lesquels Kay Starr, April Stevens et Jaye P. Morgan. Finalement, Verne l’enregistre lui-même et la présente sur son album Love Is All paru en 2007. Plus tard encore, Jonathan Winters, dernier interprète américain du titre, en livrera une émouvante version parlée sur l’album Dejavu: A Very Special Time.

En 1973, l’annonce de la destruction prochaine du bâtiment abritant le carrousel bouleverse profondément Verne. C’est dans ce contexte qu’il écrit sa toute première chanson : Carousel Dreams. Dans un premier temps, le morceau est enregistré sous forme instrumentale et figure sur l’album Circus Clown Calliope ! ( Notons que sur la page Youtube de cet album, il y a interversion de noms entre Carousel Dreams et Ginger snaps!)

Carrousel construit en 1922 et installé dans l'hippodrome en 1947

Comme souvent chez Verne Langdon, le récit autobiographique rejoint ici l’universel. Le carrousel devient une véritable madeleine de Proust. À travers lui, l’artiste revisite son enfance, ses rêves, ses illusions perdues et le temps qui passe. Le thème touche chacun d’entre nous : ces lieux familiers qui semblent contenir toute une vie de souvenirs.

Une anecdote mérite d’être rapportée. La voix d’enfant présente dans l’interlude devait initialement être celle d’un jeune garçon incarnant le petit Verne. Depuis les profondeurs de sa mémoire, celui-ci interroge son alter ego devenu adulte : que fait-il encore ici ? Ne s’est-il pas suffisamment amusé lorsqu’il était enfant ? Dans certaines versions ultérieures, une petite fille remplace le garçon, transformant alors ce dialogue intime en une évocation plus universelle de l’enfance et de la nostalgie. Contretemps de l’urbanisation à outrance ou intervention divine, le bâtiment et son précieux chargement ne furent pas détruits. Aujourd’hui, le carrousel tourne toujours au rythme envoûtant de l’orgue mécanique.

Carrousel construit en 1922 et installé dans l'hippodrome en 1947

Le texte de Verne Langdon développe plusieurs thèmes récurrents de son œuvre : la nostalgie de l’enfance, le passage du temps, le bilan d’une vie et la difficulté à retrouver les rêves qui nous animaient autrefois. Le narrateur revient régulièrement sur la jetée de Santa Monica pour contempler le carrousel de son enfance. Les chevaux usés, la peinture écaillée et les vieilles mélodies de l’orgue deviennent les symboles d’un monde disparu. Verne utilise également plusieurs images fortes, comme les « brass rings » manqués — référence aux anneaux que les cavaliers tentaient d’attraper sur certains carrousels américains — pour évoquer les occasions perdues et les choix qui ont façonné une existence. Plus loin, les « shattered schemes », littéralement des projets brisés, deviennent dans son esprit les miroirs fissurés du manège, métaphore des illusions de jeunesse confrontées à la réalité.

« I am also thinking you may wish to change the lyrics « on old Santa Monica Pier » in the song to the name of a famous French amusement pier, even though I originally wrote the song about the particular merry-go-round/carousel. Would such a lyric change provide better reference for the listener ? »

Verne  2008/12/05

L’adaptation française demeure très fidèle à cette intention générale tout en procédant à plusieurs ajustements culturels. La jetée de Santa Monica est remplacée par La Côte d’Amour, conformément au souhait de Verne lui-même, afin d’ancrer le récit dans un paysage familier au public français. De même, le « band organ » américain devient un orgue de barbarie ou un orgue mécanique, images immédiatement évocatrices des fêtes foraines européennes.

Certaines références très américaines disparaissent également au profit d’expressions plus universelles. Ainsi, les « brass rings I’ve missed » deviennent « mes rêves d’enfants envolés ». L’image concrète du carrousel laisse place à une évocation plus directe des espoirs perdus. De même, les « shattered schemes » sont reformulés par « semblable à un miroir brisé », conservant la métaphore du miroir tout en la rendant plus poétique et plus accessible au public francophone.

L’intervention de l’enfant constitue un autre point intéressant de comparaison. Chez Verne, la question est brève et presque mystérieuse : « Why do you come ? » puis « How long could it be since you lived ? ». L’enfant semble demander à l’adulte depuis combien de temps il a réellement vécu, ou peut-être cessé de vivre pleinement. Dans l’adaptation française, la scène devient plus explicite : « Tu t’es pas assez amusé ? ». Le sous-texte demeure identique, mais il est formulé avec davantage de spontanéité enfantine. L’idée n’est plus seulement de s’interroger sur le temps qui passe, mais sur la capacité de l’adulte à conserver son âme d’enfant.

Enfin, les deux versions divergent sensiblement dans leur conclusion. Verne conserve jusqu’au bout une forme de résignation sereine. Malgré la solitude, le froid du soir et la conscience des rêves inaccessibles, il continue de sourire en tournant dans ses « Carousel Dreams ». Lapinu choisit au contraire une fin plus dramatique. Le sourire devient un gémissement et les rêves de carrousel ne revivent plus : ils meurent. Cette nuance apporte une mélancolie plus marquée à la version française, là où Verne semblait encore trouver dans le souvenir une forme de consolation.

Ainsi, les deux textes racontent fondamentalement la même histoire : celle d’un homme qui contemple son passé à travers un manège de son enfance. Mais là où Verne privilégie la nostalgie douce-amère et l’acceptation du temps qui passe, l’adaptation française accentue davantage la fragilité des souvenirs et la douleur de voir disparaître certains rêves.

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COM Once Upon a Time Verne Langdon 2021