MUSIC
Les albums de Lapinu :
Musique expérimentale entre exotica, chanson française et poésie électro-pop
Une discographie de musiques expérimentales où se croisent french chanson, électronica, bandes originales imaginaires et pop alternative.
Chaque album ouvre la porte d’un nouveau voyage sans jamais quitter le même terrier. D’un disque à l’autre se répondent electronica artisanale, world fusion, pop expérimentale, folk décalée, bandes originales imaginaires, cabarets fantômes, fêtes foraines, influences rétro et exotica contemporaine. Sur un orgue macabre se déploient des percussions orientales lors d’un blues déjanté ; une flûte traversière dialogue avec un groove indien ; un piano désaccordé accompagne un rap improvisé ; un violon tzigane surgit au détour d’un ragga crépusculaire aux accents de western ; une mini-symphonie cinématographique côtoie des rythmes techno ou dance, tandis que la chanson française se mêle librement aux musiques électroniques, aux orchestrations exotiques et aux climats de film d’épouvante. Une discographie pensée comme une succession d’univers où chaque étape renouvelle le décor sans rompre le fil du rêve.
Bizarre, inattendue, hétéroclite, exotique, romantique ou doucement déglinguée, la musique de Lapinu appartient à cette catégorie introuvable que même les algorithmes hésitent à traverser sans un guide muni de longues oreilles : la variété expérimentale. Mais qu’est-ce donc exactement ?
Sans doute une zone musicale de non-droit où les codes de la chanson populaire croisent les musiques expérimentales de tout poil, l’exotica, l’electro lo-fi, les bandes-son imaginaires, les vieux synthétiseurs fatigués et quelques visions surréalistes surgies d’un terrier ligérien. Classé « post-punk-electro-indus » chez Toolbox Records, le désormais célèbre French Singing Rabbit se retrouve affublé, selon les plateformes et les algorithmes approximatifs, d’une collection d’étiquettes plus ou moins pertinentes : pop, lounge, world music, electronica, French chanson, ambient, electro-punk… et autres dénominations modernes dont plus personne ne semble réellement connaître le sens.
De toute évidence, l’univers musical de Lapinu est hybride, hétéroclite, insaisissable et volontiers déroutant, semblant parfois incohérent aux oreilles trop aseptisées mais recherché par les chasseurs d’anomalies poétiques, les collectionneurs d’objets sonores non identifiés et les voyageurs curieux des territoires musicaux oubliés. Chaque album explore ainsi une combinaison différente de mélodies romantiques, d’expérimentations musicales et poétiques, de rythmiques électroniques, de climats exotiques et de chansons décalées, dans un équilibre instable mais soigneusement entretenu. Les disques ci-dessus reflètent donc les influences multiples de notre lapin national : un bestiaire musical où cohabitent variété expérimentale, pop alternative, exotica, chanson française mutante et curiosités difficilement classables par les moteurs de recherche comme par les disquaires.

Les albums de cette discographie insolite sont autant de carnets de voyage musicaux où se rencontrent orgues de théâtre, surf music, cabaret, folk, musique électronique, pop orchestrale, musiques de films imaginaires, collages expérimentaux et influences venues d’Europe, des Amériques, d’Afrique ou du Pacifique. Au fil des années, Lapinu s’est entouré de musiciens, poètes, chanteurs et arrangeurs de France, de Suisse, des États-Unis, d’Angleterre ou encore du Mexique, donnant naissance à une aventure artistique collective. Les pages consacrées à chaque album racontent cette histoire : celle des chansons, de leur création, des rencontres qui les ont rendues possibles, des clips vidéos, des influences diverses et des nombreux artisans qui ont contribué à faire vivre cet univers singulier.

L’aventure lapinesque ne s’arrête pas aux terriers numériques. Sur les huit albums de Lapinu, six sont disponibles sur les principales plateformes de téléchargement légal et de streaming. Les collectionneurs pourront quant à eux remonter jusqu’au limon ligérien avec le double vinyle de Vague à l’Âme, enrichi de plusieurs versions inédites. Les amateurs d’éditions physiques retrouveront également Once Upon a Time – Verne Langdon, publié en CD par le label californien DejaVu Record Company, tandis que le plus récent voyage prend la forme d’un livre de chants, Chantons la vieille France au temps des robots, paru aux éditions Trébuchet.
Vinyle, CD, livre ou musique numérique… quel que soit le chemin choisi, il conduit toujours au même endroit : un terrier où les chansons aiment prendre des chemins de traverse.
Avant de refermer cette page, il ne reste plus qu’à suivre le lapin blanc. Les albums poursuivent leur chemin sur les plateformes de téléchargement légal et de streaming, les éditions physiques attendent les collectionneurs chez Discogs ou Toolbox Records, tandis que les clips vidéo prolongent l’aventure sur YouTube. Quant aux réseaux sociaux, ils racontent au fil des jours les nouvelles pérégrinations du French Singing Rabbit dans ce vaste terrier numérique où circulent chansons, images, souvenirs de voyage et rencontres improbables.
Lapinu gambade depuis longtemps dans ces paysages immatériels faits de bits, de pixels et d’ondes invisibles. Pourtant, il demeure un animal étrange : facile à suivre pour qui décide de partir à sa recherche, mais presque invisible pour celui qui attend qu’un algorithme dopé au jus de carotte fermenté le fasse apparaître sur son écran. Il faut dire que les algorithmes hésitent encore devant cette drôle de créature. Est-ce de la chanson française ? De l’exotica contemporaine ? De l’électro artisanale ? Une bande originale imaginaire ? Un vieux manège musical sorti d’un rêve ? À force de vouloir tout classer, ils finissent parfois par en perdre leur langage binaire. Ces derniers ressemblent un peu aux visiteurs d’une fête foraine. Ils passent d’abord devant la façade du train fantôme sans trop savoir s’ils doivent entrer. Puis ils aperçoivent un orgue de barbarie, un carrousel, un lapin chanteur, quelques fantômes bienveillants, une mélodie venue de Californie, un parfum d’Armorique, une escale au Mexique, un détour par les Caraïbes… À force d’indices, ils comprennent peu à peu que tout cela appartient au même spectacle.
Alors, si vous êtes arrivé jusqu’ici, inutile d’attendre qu’une machine décide à votre place. Suivez simplement le lapin blanc. Le terrier est plus vaste qu’il n’y paraît, et chaque détour réserve encore quelques surprises.















