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Le Carnaval des Âmes

Verne Langdon’s Carnival of Souls

« …I am STILL listening to LE CARNAVAL DES ÂMES ! I LOVE it ! It sounds like the song was written to be performed in French ! Over the years people have told me my music « sounded » French, which I always took as an enormous compliment. I’ve always loved the language and the Artists. I think it comes from my childhood. My Mother was best friends with Rochelle and Armand D’Guirre, who were from Paris. They spoke in the accent of course, and I found their broken English charming. When they spoke to each other in French, I became overwhelmed with the beauty of the Language. It was thrilling to me, and translation of my words is now again thrilling ! I can almost smell Rochelle’s French parfume when I listen to you singing my song… »  

Verne Langdon, August 10, 2008

Entre 2008 et 2011, Lapinu entretient une relation épistolaire avec Verne Langdon qui devient son mentor et ami. Leur collaboration est scellée par la première reprise d’un titre du Magicien par le Lapin : Carnival of Souls devenu  Le Carnaval des Âmes .

Carnival of Souls : instrumental écrit en 1973 pour Theatre Organ & Calliope. Titre le plus célèbre de Verne Langdon, on le retrouve notamment sur la bande son de la série American Horror Story (saison 4 – Freak Show – 2014). Adapté en chanson par Verne à l’automne de sa vie, on peut l’écouter sur  Out Of Love . Cet album de crooner désabusé est sorti en 2004. Quatre ans plus tard, LAPINU traduit et adapte la chanson en langue française et l’interprète sur une adaptation  musicale de Michel Pardeshi.

Du manège hanté à l’éternité

Parmi toutes les compositions de Verne Langdon, Carnival of Souls occupe une place à part. Plus qu’une simple mélodie, ce thème semble contenir à lui seul l’essence de son univers : la fascination pour les fêtes foraines, l’amour du cinéma fantastique, la nostalgie de l’enfance et cette étrange mélancolie qui traverse toute son œuvre. Mais pour comprendre la naissance du morceau, il faut remonter bien avant 1973.

Dès son adolescence, Verne Langdon se produit comme organiste sur les radios californiennes. Passionné par les grands classiques de la musique populaire américaine autant que par les œuvres du répertoire classique, il développe très tôt une remarquable maîtrise du théâtre-organ, cet instrument spectaculaire capable d’imiter tout un orchestre. Adolescent, son émission sur les ondes de KLOK radio lui permet déjà de mêler musique, humour macabre et imaginaire fantastique.

Dans les années soixante, son énergie créatrice semble inépuisable. Il rejoint les studios Don Post, devenant rapidement l’un des plus talentueux créateurs de masques de monstres de sa génération. Son savoir-faire lui ouvrira plus tard les portes d’Universal Studios, où il travaillera comme maquilleur, notamment sur La Planète des Singes, les films et la série télévisée. Créateur d’effets spéciaux et d’attractions publiques, il se distinguera avec The Land of thousand faces en 1975 et The Castle Dracula en 1980.

Si sa carrière musicale débuta dès son adolescence, il produit son premier disque en 1967 : le désormais légendaire An Evening With Boris Karloff And His Friends, réunissant l’icône du cinéma fantastique et son propre univers sonore. À la même époque, il collabore régulièrement avec ses amis James Warren et Forrest J Ackerman au célèbre magazine Famous Monsters of Filmland, véritable bible des amateurs de cinéma d’épouvante.

Entre 1972 et 1974, Verne compose une série d’albums aujourd’hui considérés comme cultes par les amateurs d’orgue de théâtre et de musique fantastique : The Phantom of the Organ, Doctor Druid’s Haunted Seance, Circus Clown Calliope! puis Music For Magicians. Produits avec l’aide de son complice Milt Larsen, accompagnés de textes de présentation signés Forrest J Ackerman, ces disques constituent les fondations de ce qui deviendra l’univers musical de Verne Langdon.

C’est dans ce contexte particulièrement fécond qu’apparaît Carnival of Souls.

Interprété au Wurlitzer Theatre Organ accompagné d’un calliope évoquant les manèges anciens, le morceau possède immédiatement la force des classiques intemporels. On y entend tout ce qui fascine Verne : les cirques ambulants, les monstres de foire, les attractions oubliées et les fantômes bienveillants.

Le titre lui-même évoque probablement le film culte Carnival of Souls de Herk Harvey, sorti en 1962, dont l’atmosphère étrange et onirique marqua durablement les amateurs de cinéma fantastique. On peut également y voir l’influence du chef-d’œuvre de Tod Browning, Freaks (1932), l’un des films préférés de Verne. Dans les deux cas, il est question de personnages vivant à la frontière du réel et de l’imaginaire, exactement comme les habitants du carnaval intérieur de Verne Langdon.

Carnival of Souls (1962 pressbook cover)

À l’origine instrumental, le thème reviendra régulièrement dans sa discographie. En 2004, à l’automne de sa vie, Verne en écrit enfin une version chantée publiée sur l’album Out of Love. Derrière la voix du crooner désabusé apparaît alors tout le sens du morceau. Le carnaval n’est plus seulement une fête foraine hantée : il devient une métaphore de l’existence elle-même, avec ses espoirs perdus, ses blessures et ses souvenirs.

Deux ans plus tard, Verne consacre au titre un album-concept : Carnival of Souls Collection. Véritable laboratoire musical, cet ouvrage décline le thème sous de multiples formes — boîte à musique, clavecin, arrangements orchestraux, orgue de théâtre ou versions plus expérimentales. Peu de compositeurs auront ainsi revisité leur propre création avec autant de constance. Cette multiplicité souligne le caractère profondément cinématographique de son écriture : comme une scène de film que l’on éclairerait successivement sous différents angles.

music for zombies album

Retrouvez tout les albums de Verne sur vernelangdon.com

Lapinu à la bougie

Lorsque Lapinu découvre Verne Langdon, c’est précisément cette version chantée qui le touche en premier. Après plusieurs échanges épistolaires, il propose une adaptation française du texte. La réponse du maître ne tarde pas :


« I am STILL listening to LE CARNAVAL DES ÂMES! I LOVE it! It sounds like the song was written to be performed in French! (…) I can almost smell Rochelle’s French perfume when I listen to you singing my song… »


Cette réaction enthousiaste révèle quelque chose de profond. Depuis l’enfance, Verne nourrissait une véritable fascination pour la langue française. Il racontait volontiers que les amis parisiens de sa mère avaient éveillé chez lui un amour durable pour sa musicalité et son élégance.


L’adaptation française demeure remarquablement fidèle au texte original. Les grandes images sont conservées : les rêves brisés, le cœur verrouillé, la descente dans l’obscurité et l’impossibilité du retour. Cependant, là où la version anglaise adopte parfois le ton d’une fable gothique, la version française accentue davantage la dimension poétique et existentielle.

Tournage Carnaval

Poupou à la bougie

COM Once Upon a Time Verne Langdon 2021